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Des méthodes d'un autre âge

Publié le par Julien Freyburger

Richard Mallié est député des Bouches-du-Rhône depuis 2002, année où il a battu un sortant communiste bien implanté dans une terre de tradition ouvrière. Son investissement et ses travaux parlementaires lui ont valu une reconnaissance de ses pairs puisqu'ils lui ont confié la fonction prestigieuse de Premier Questeur de l'Assemblée Nationale.

 

Vendredi, une quarantaire de militants et sympathisants de la CGT ont mis à sac sa permanence parlementaire située à Gardanne. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que le Député Mallié vient de déposer une proposition de loi visant à abroger la loi Bichet du 2 avril 1947 imposant la présentation systématique de tous les titres de presse politiques chez l'ensemble des diffuseurs et que cette initiative ne recueille pas leur soutien.

 

On peut bien entendu discuter du bien-fondé de cette proposition qui, par ailleurs, s'inscrit dans le prolongement des Etats généraux de la Presse écrite voulus par le Président de la République. Toute idée peut être débattue voire combattue. Le débat démocratique se conçoit sur le plan de l'échange intellectuel, pas sur celui de la brutalité physique à l'encontre des collaborateurs d'un parlementaire et de leur outil de travail.

 

Les méthodes employées par ces extrémistes doivent être condamnées avec fermeté, d'autant qu'elles ne sont pas dénuées de danger. Il y a quelques années, sous la même bannière, des irresponsables avaient envoyé un tracteur dans la vitrine de la permanence de Richard Mallié alors même que son équipe y travaillait.

 

Une réaction vigoureuse s'impose, y compris de la part des opposants à la proposition Mallié, pour que de tels actes ne se reproduisent plus. Une démocratie vivante mais apaisée, pour reprendre l'expression de Jacques Chirac, ne devrait pas laisser de place à ce type de pratique.

Publié dans En France et Ailleurs

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L'incontournable question des retraites

Publié le par Julien Freyburger

Les consultations du ministre du Travail avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites viennent de débuter et doivent se dérouler pendant plusieurs mois. Chacun le sait : avec l'augmentation de l'espérance de vie et par voie de conséquence du nombre de retraités d'un côté, et l'accumulation des déficits de l'autre, cette question se pose avec une acuité jamais atteinte.

 

Notre système est construit sur la répartition c'est-à-dire la solidarité entre les Français puisque les actifs financent les retraites. Or, nous assistons à une dégradation continue du ratio actifs / retraités, ce rapport étant passé de plus de 3 actifs pour un retraité dans les années 1970 à moins de 2 dans les années 1990 et à 1 dans quelques décennies... D'un grand progrès -la durée de vie moyenne qui s'allonge- naît une vraie difficulté qui pourrait rapidement se transformer en impasse si aucune évolution n'était envisagée : le financement de nos retraites.

 

Que les choses soient bien précisées à ce stade : le système de la retraite par répartition ne sera pas remis en cause et, de la même façon, il n'y aura pas de diminution des pensions des retraités. La loi de 2003 a d'ailleurs réaffirmé cette garantie minimale accordée aux retraités puisqu'elle pose le principe du maintien du pouvoir d'achat des pensions. Tout ceci peut sembler relever de l'évidence mais il est préférable de l'énoncer clairement.

 

Pour autant, le problème reste entier puisque nous passerons de 14 millions de retraités en 2014 à environ 29 millions à l'horizon 2050. Ajoutons à ces données chiffrées que la crise économique n'a pas contribué à améliorer la situation, bien au contraire, puisque les destructions d'emplois ont lourdement affecté les capacités de financement des retraites.

 

Sur le plan budgétaire, il convient de signaler que les régimes de retraite (au nombre de 37) connaissent un déficit cumulé de 30 milliards d'euros. La Caisse nationale d'assurance vieillesse, qui gère le régime des retraites de base des salariés du secteur privé, est le premier opérateur français en matière de retraites. Elle est en déficit depuis 2005, celui-ci ayant atteint 5,6 milliards d'euros en 2008, et la situation devrait continuer à s'aggraver. Quel défi que de financer un déficit de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros pour la Caisse et le Fonds de solidarité vieillesse créé en 1993 réunis !

 

Aujourd'hui, le niveau des recettes affectées à la fonction "retraite" est de l'ordre de 12 à 13 % du produit intérieur brut. La France se situe au troisième rang des pays de l'OCDE, après l'Autriche et l'Italie, ceci en raison, justement, du choix de systèmes collectifs de retraite par répartition de haut niveau. Faut-il augmenter le taux de cotisation et faire reposer sur les cotisants c'est-à-dire les jeunes générations le financement des retraites ? Ou bien s'agit-il de mobiliser d'autres sources de financement et au détriment de quels autres besoins collectifs ?

 

Un autre sujet de préoccupation lié au financement des retraites réside dans l'emploi des seniors dont le taux d'activité est relativement faible en France par rapport aux autres pays de l'Union européenne. Encore faudrait-il regarder les chiffres avec une grande attention car la situation est différente selon que l'on ait plus ou moins de 60 ans.

 

De nombreuses autres interrogations figurent au centre des préoccupations du Gouvernement et des partenaires sociaux et une très large place doit être réservée à la concertation avant que des décisions soient prises.

 

Deux orientations peuvent toutefois être envisagées sans préjuger de la teneur des échanges qui viennent de débuter : celle tenant à un recul de l'âge légal de départ à la retraite et celle tenant à l'augmentation du nombre de trimestres nécessaires au départ à la retraite.

 

Après la réforme voulue par le Gouvernement Balladur en 1993 qui a notamment vu le passage à 40 années de cotisation pour le secteur privé au lieu de 37,5 et la réforme Fillon de 2003 qui a vu l'alignement de la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle du secteur privé, après la réforme de 2007 qui a aligné les régimes spéciaux sur cette durée de cotisation, c'est, une fois encore, une majorité de droite qui affronte non sans un certain courage ce sujet particulièrement difficile.

 

Il est indispensable pour notre pays et les générations qui vont nous succéder que la question de la pérennité de nos systèmes de retraite se trouve enfin réglée. Sur cet objectif au moins, le consensus semble de mise. Reste à en définir les conditions.

Publié dans En France et Ailleurs

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UMP de la Moselle : une vraie question de méthode

Publié le par Julien Freyburger

Dieu sait qu'il m'arrive souvent d'être critique à l'égard du Parti socialiste ! Ce n'est pas la Gauche dans ce qu'elle peut représenter et symboliser qui me heurte, ni même ses valeurs puisque je partage certaines d'entre elles. La philosophie gaulliste qui m'anime depuis mon plus jeune âge me conduit à me situer à Droite tout en n'étant pas hermétique à des idées et approches dites "de gauche". En revanche, l'attitude de l'appareil socialiste ne m'a jamais séduit tant elle m'apparaissait empreinte d'idéologie et de dogmatisme.

 

L'honnêteté me conduit néanmoins à reconnaître que la fédération socialiste de la Moselle a su, par un vrai travail de terrain et un effort réel de stratégie, parvenir à des résultats probants. Ainsi, au fil du temps, des territoires considérés par tous ou presque comme "imprenables" par un candidat socialiste ont fini par basculer. Ainsi, au gré des élections, des candidats dont on disait qu'ils étaient faits pour demeurer dans l'opposition ont fini par l'emporter. Les dirigeants socialistes mosellans n'ont d'ailleurs pas hésité à investir sur le long terme en promouvant des élus locaux sans que ces derniers puissent espérer gagner sur leur territoire dans un délai bref.

 

Cela s'appelle de la stratégie électorale et politique. Certes, elle n'est pas la seule cause de succès du PS aux élections locales tant la Droite, en de nombreuses circonstances, a tout fait pour favoriser l'accession aux responsabilités de ses adversaires ! Par ses divisions, par ses inconséquences mais aussi et surtout par son manque de stratégie, l'UMP de la Moselle a fait le lit de ses supposés opposants. Il ne s'agit nullement ici de faire le procès d'individus mais d'une incitation à réformer notre mode d'organisation et de fonctionnement.

 

Alors, il est plus que temps de faire évoluer un système qui n'est plus vraiment en phase avec la vie réelle ou, à tout le moins, avec les attentes légitimes du corps électoral et de nos électeurs. L'engagement politique est quelque chose de sérieux et n'est guère compatible avec des méthodes qui appartiennent à une autre époque.

 

Un immense chantier s'ouvre, celui du courage et de l'audace. Il nous faut nous réformer, faute de quoi les électeurs continueront à nous envoyer des messages, toujours plus explicites. Il nous faut renouveler, faute de quoi les électeurs le feront à notre place. Il nous faut travailler, faute de quoi nous bénéficierons à notre corps défendant de "grandes vacances".

 

Un immense chantier s'ouvre. N'attendons pas longtemps avant de poser la première pierre.

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