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en france et ailleurs

Retraites : pour une réforme juste et équitable

Publié le par Julien Freyburger

A entendre certains représentants de l'opposition, le gouvernement serait en train de conduire une réforme "injuste", "accablant les plus modestes" et "profitant aux plus riches". Stock-options, revenus du capital et rentes en tous genres seraient privilégiés au détriment des classes laborieuses, modestes ou moyennes... Certains se posent ainsi en donneurs de leçons, exercice dans lequel ils excellent. Il faut bien reconnaître qu'il est nettement plus facile de monter au créneau médiatique pour montrer que l'on est du côté des plus fragiles que de proposer des solutions ou, mieux encore, d'adapter notre système quand on conduit les affaires gouvernementales !

 

Si l'on se penche sur les avancées de ces dernières années, on se rend rapidement compte que la droite a toujours pris ses responsabilités. Les réformes de 1993 et de 2003 en témoignent. Quant au parti socialiste, au pouvoir pendant 15 années depuis 1981, il a toujours confirmé les mesures prises par les gouvernements de droite après les avoir dénoncées dans l'opposition. Les deux seules décisions dont la paternité revient à Monsieur Jospin sont la création du conseil d'orientation et du fonds de réserve des retraites. Toutes les mesures de justice sociale, d'équité, de responsabilité sont, en revanche, à attribuer aux gouvernements dirigés par la droite et le centre. On peut notamment citer l'alignement du public sur le privé ou bien encore l'extension des mesures applicables aux carrières longues aux personnes qui ont commencé à travailler à l'âge de 17 ans.

 

Ce n'est pas par pur masochisme que la réforme actuelle est lancée mais parce que le temps presse. Si l'on veut éviter la faillite de notre système de retraite par répartition c'est-à-dire une véritable injustice générationnelle qui verrait les jeunes actifs d'aujourd'hui cotiser pour assurer les retraites et pensions sans pour autant bénéficier de la même situation une fois l'âge de la cessation de leur activité atteint.

 

La répartition est le système le plus juste et le moins perméable aux fluctuations de l'activité économique. Dans un sens opposé, les socialistes proposent une plus grande sollicitation des entreprises et des revenus financiers, déjà mis à contribution et tributaires des aléas de la conjoncture économique. Un chiffre mérite d'être cité : le PS propose une taxation des stock-options à hauteur de 2 milliards d'euros alors que l'assiette est de 2,7 milliards. Une fois la première année passée, il n'y aurait plus grand chose à prélever... Loin de moi l'idée de défendre l'économie financière dont l'utilité est aussi incontestable que les excès et outrances dont elle a fait montre. Je préfère, et de beaucoup, défendre l'économie réelle fondée sur le savoir-faire et le travail c'est-à-dire l'emploi. Mais il est indéniable que des interactions existent entre les deux et qu'on ne peut avoir en la matière une position caricaturale sauf à vouloir sombrer dans le populisme le plus cynique. 

 

En matière de retraites, il serait souhaitable que l'esprit de responsabilité prévale et que l'on sorte de débats quelque peu stériles. Il est indispensable de discuter sereinement et d'améliorer le projet en discussion sur certains aspects, tout particulièrement la prise en compte de la pénibilité. Pour ce faire, la mobilisation de chacun est nécessaire car n'oublions pas que l'avenir des plus jeunes d'entre nous se prépare dès maintenant.

Publié dans En France et Ailleurs

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Education nationale : savoir raison garder

Publié le par Julien Freyburger

La rentrée s'annonce, précédée d'un cortège d'informations plus ou moins stimulantes. Trois d'entre elles font actuellement débat.

 

Les modifications qui affectent l'enseignement de l'Histoire au collège avec le "retrait" de Louis XIV et de Napoléon et l'ouverture aux autres civilisations. La polémique qui fait rage aujourd'hui comporte très probablement des excès mais il ne faudrait pas pour autant, au (bon) motif consistant à élargir le champ des programmes, faire l'impasse sur des périodes extraordinairement riches de l'histoire de France. Comment bien comprendre la France, l'Europe et, d'ailleurs, le Monde d'aujourd'hui sans connaître le siècle de Louis XIV et l'épopée napoléonienne dont les manifestations sont encore très prégnantes ?

 

La proposition de la FCPE, l'une des deux principales organisations nationales de parents d'élèves avec la PEEP, visant à supprimer les devoirs à la maison et à limiter la semaine d'un lycéen à "35 heures TTC, tout travail compris". Une idée pour le moins originale qui met l'apprentissage du travail et le goût de l'effort personnel quelque peu sous l'éteignoir. Une fausse bonne idée justifiée par ses promoteurs sous l'angle de la nécessaire ouverture des élèves à d'autres activités, culturelles ou sportives. Deux questions méritent d'être posées : l'une sérieuse sur la supposée incompatibilité entre des devoirs personnels et des activités de découverte ; l'autre provocante sur ce temps de travail institutionnalisé des lycéens... à quand la mise en oeuvre de l'ARTT au bénéfice des élèves ? Les 35 heures ont-elles tant apporté aux administrations publiques et aux entreprises qu'il deviendrait nécessaire d'en rendre bénéficiaires les lycéens ?

 

Enfin, la position du Ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, sur l'obligation des élèves de se lever à l'entrée du professeur dans la salle de classe. Une règle déjà appliquée par certains enseignants qui y voient, à juste titre, une marque de respect à l'égard de leur personne, dépositaire de l'autorité. Ce constat fait dire à certaines critiques que la proposition ministérielle se trouve par voie de conséquence vidée de tout contenu. C'est une erreur puisqu'il apparaît inconcevable de voir cette marque de respect appliquée de façon variable. L'imposition n'est pas nécessairement un mal dans une société qui a besoin de quelques repères.

 

Sans être un spécialiste des sciences de l'éducation dont l'expertise peut certainement apporter beaucoup, je pense qu'en matière d'éducation, il faut savoir raison garder.

Publié dans En France et Ailleurs

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Loi, sécurité et inversion des valeurs

Publié le par Julien Freyburger

Rafles, Vichy, fascisme... que n'avons-nous entendu depuis quelques jours au sujet de la reconduite dans leur pays d'origine de Roms, personnes faisant partie d'un ensemble bien plus large appelé "gens du voyage" ! Autrement dit, de citoyens, européens pour la plupart dont une majorité de Français, qui ont fait le choix du nomadisme. Choix de vie éminemment respectable qui, pour autant, doit aussi s'exercer dans le respect des autres citoyens et des lois. Dans ce contexte troublé, où les mots prononcés n'ont plus de réel sens, on a même entendu un prêtre souhaiter, d'une certaine façon, la mort du Président de la République avant, il est vrai, de retirer son propos et de s'en excuser.

 

Tout cela illustre ce que François Baroin vient, à juste titre, de qualifier d'inversion des valeurs. A juste titre car la Loi de la République doit trouver à s'appliquer partout, au besoin grâce à l'intervention de la force publique. L'occupation illégale de terrains publics ou privés, au mépris des règles les plus élémentaires de vie en société, civilisée car régie par le Droit en l'occurrence d'origine républicaine, ne peut être tolérée. Pas plus, d'ailleurs, que les autres comportements répréhensibles ici et là constatés.

 

La politique de sécurité ne peut, ne doit pas être l'alpha et l'oméga de l'action gouvernementale, par définition et par vocation beaucoup plus large et diversifiée. Pour autant, la sécurité est une liberté fondamentale qui ne saurait souffrir des atermoiements et des faiblesses de nos dirigeants. Chacun se souvient des apparitions médiatiques de Daniel Vaillant, alors ministre de l'intérieur de Lionel Jospin... aux obsèques des policiers morts dans l'exercice de leurs fonctions. J'en garde un souvenir ému et un sentiment d'injustice lié à l'impéritie de la majorité de l'époque dans ce domaine pourtant essentiel.

 

Bien sûr, des améliorations et des ajustements sont à apporter à la politique conduite aujourd'hui, même si celle-ci a produit des résultats positifs qu'aucune personne de bonne foi ne peut réellement et durablement contester. Bien sûr, il faut demeurer à l'écoute des critiques qui pourraient se trouver renforcées si elles étaient accompagnées de propositions concrètes. Bien sûr, la définition d'orientations gouvernementales ne saurait se concevoir sans une perpétuelle remise en question.

 

Mais, de là à parler de "tâche de honte sur notre drapeau", il y a un pas qui n'aurait pas dû être franchi. C'est l'expression d'une rancune tenace doublée d'une ambition négative éloignée de la réalité et de la Raison. Un propos qu'un responsable politique digne de ce nom, connaissant le suffrage universel et regardant les Français dans les yeux, n'aurait pas pu tenir.

Publié dans En France et Ailleurs

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