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en france et ailleurs

Cumul des mandats et sens des responsabilités

Publié le par Julien Freyburger

L'époque où un seul individu pouvait tout à la fois être maire de grande ville, président de conseil général ou régional et parlementaire (ou ministre !) est révolue. C'est tant mieux.

La formule a été éprouvée par de nombreux élus, de gauche et de droite, dont les capacités de travail et de réflexion étaient pourtant variables...

Aujourd'hui, les règles qui régissent le cumul des mandats sont à la fois plus restrictives et plus claires sans pour autant être pleinement satisfaisantes puisque certaines fonctions, plus ou moins accaparantes, ne sont pas incluses dans le calcul du cumul.

Il faut se rendre à l'évidence et admettre une bonne fois pour toutes que l'exercice d'un nombre trop important de responsabilités relève de la quadrature du cercle. Le plus brillant des représentants du Peuple ne peut à lui seul tout assumer en obtenant systématiquement de bons résultats. Qui trop embrasse mal étreint !

Une esquisse de réponse est envisageable avec le projet de réforme des collectivités territoriales et l'élection des intercommunalités au suffrage universel. On ne devrait plus pouvoir exercer deux mandats en plus de fonctions, parfois de premier plan, au sein d'une communauté de communes ou d'agglomération car, selon une logique implacable, l'élection entraînera de fait une modification de la législation relative au cumul.

De façon schématique, on ne peut cumuler plus de deux mandats. Le problème réside dans toutes les autres fonctions qui viennent s'ajouter à l'exercice de ces mandats. Il m'apparaît souhaitable d'intégrer les principales d'entre elles dans un cumul rénové de mandats et de fonctions.

Il ne s'agit pas de passer d'un extrême à l'autre en adoptant une ligne de conduite par trop restrictive. Je ne suis favorable ni au mandat unique stricto sensu ni à la limitation de l'exercice des mandats dans le temps. Le but de la réforme ne consiste pas à limiter de façon excessive la liberté de choix des électeurs.

Cette proposition raisonnable de limitation à deux mandats et fonctions présentera l'insigne avantage de permettre aux élus d'effectuer leur travail dans de meilleures conditions tout en ouvrant à d'autres citoyens la possibilité d'exercer des responsabilités électives. La confiance retrouvée des Français dans leurs représentants est à ce prix.

Publié dans En France et Ailleurs

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La dérobade de Vincent Peillon

Publié le par Julien Freyburger

Disons les choses clairement : bien que ne partageant pas son engagement, j'ai toujours été intéressé par le discours et les idées de Vincent Peillon, brillant espoir du Parti socialiste.

Quelle ne fut pas ma surprise quand, l'autre soir, au cours de l'émission A vous de juger,
Arlette Chabot nous a informés, en même temps qu'elle l'apprenait elle-même, que Vincent Peillon se dérobait et annonçait qu'il ne participerait pas à l'émission.

Sur le principe, le procédé est inacceptable, le député européen ayant confirmé sa participation à la journaliste le matin même au cours d'un échange téléphonique. On le constate : le sens de la parole donnée ne revêt guère d'importance pour celui qui ment sciemment à son interlocutrice.

Sur la forme, il n'est pas utile d'insister sur le caractère discourtois voire incongru de cette attitude qui confine à la grossièreté la plus blâmable.

Sur le fond de l'affaire, il me paraît impossible de trouver une quelconque excuse à Monsieur Peillon qui a voulu "faire un coup" pour dénoncer une présumée déviance de la mission de service public de France Télévision. Pourquoi ? Parce que l'invité principal de l'émission était Eric Besson, membre du Gouvernement, et que sa première contradictrice était la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen.

Jusqu'à ce que la preuve du contraire soit rapportée,
Eric Besson, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire est un homme parfaitement respectable dont les convictions républicaines ne peuvent être sérieusement mises en doute.

Quant à Madame Le Pen, dont les prises de position ne suscitent pas la moindre sympathie chez moi, celle-ci est une élue de la République. On peut le déplorer, on peut la combattre mais c'est ainsi. J'ai toujours pensé qu'une attitude faite d'ostracisme à l'égard du Front national ne contribuait qu'à le victimiser et donc à le renforcer. Rien ne remplace le débat. Encore faut-il ne pas vouloir le fuir...

Les "exigences" de Monsieur Peillon consistant à demander la démission d'Arlette Chabot et d'une partie de la direction de France 2 sont tout bonnement scandaleuses. Que n'aurait-on entendu si un représentant de l'actuelle majorité avait formulé une demande similaire !

Par son comportement, Vincent Peillon a abaissé le politique et, plus largement, a donné une bien piètre image de la politique. Un succès médiatique indéniable mais au détriment de son auteur qui, en définitive, récolte ce qu'il a semé. 

Publié dans En France et Ailleurs

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Philippe Séguin va nous manquer

Publié le par Julien Freyburger

Philippe-Seguin.jpg

En ce début d'année 2010, la France perd un homme exceptionnel, un vrai serviteur de l'Etat, un grand défenseur de la République et des valeurs qu'elle porte et perpétue.

Les hommages se mutiplient depuis ce matin, les réactions sont aussi nombreuses qu'unanimes tant l'homme d'Etat a marqué les esprits, au-delà des différences politiques. L'émotion est grande dans notre pays, la France que Philippe Séguin a tant aimée et à laquelle il a consacré sa vie.

A une époque à bien des égards trop lisse, où le "copier-coller" est souvent roi, le franc-parler, l'anti-conformisme et la pensée originale de Philippe Séguin sont des références pour ceux qui s'engagent dans l'action publique.

Le Gaullisme social est orphelin mais les idées de cet immense personnage doivent continuer à innerver notre réflexion et nos projets.

Avec le départ de Philippe Séguin, c'est une partie de ma jeunesse politique qui s'en va.

Fort des enseignements qu'il a prodigués et des quelques échanges, écrits et oraux, que j'ai eu le grand honneur et le plaisir d'avoir avec lui, sa pensée et sa rigueur intellectuelle et morale m'accompagneront longtemps.

Publié dans En France et Ailleurs

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